Chaque jour, ils cuisinent pour les grands de ce monde. Hier, ils étaient au lycée hôtelier pour participer au trophée Georges Roux, du nom de l'ancien grand chef parisien qui consacre sa retraite à aider les jeunes.
Le lycée hôtelier de Soissons a, hier, mis les petits plats dans les grands, dans les très grands même. L'établissement accueillait la 4e édition du trophée Georges Roux, concours qu'il a créé avec le lycée hôtelier d'Avesne-sur-Helpe (Nord).
« Cela fait des années que nous travaillons avec Georges Roux. A 75 ans, il est toujours présent pour conseiller nos élèves. Organiser un trophée qui porte son nom, c'était la meilleure façon de lui dire merci pour tout ce qu'il fait pour nos jeunes » explique Christophe Dovergne, professeur de cuisine comme l'instigateur du concours, Damien Duquesne. Dans le métier, Georges Roux est une référence. Pour sa nouvelle venue à Soissons, le maître avait avec lui quelques-uns des plus grands chefs parisiens, au premier rang desquels Gilles Poyac, chef des cuisines de la présidence du Sénat et parrain de la promotion 2006-2007 de l'établissement, et Jean Sabine, qui est lui à la tête des cuisines du ministère des Affaires étrangères. Le chef pâtissier de l'Élysée était aussi présent.
Six équipes de deux élèves, venues de six établissements hôteliers de l'hexagone, étaient en lice. « La première idée, c'est de les préparer à leur examen. Nous avons donc calqué notre concours sur les examens. Le but, ça n'est pas de les piéger » souligne l'enseignant.
Cerise sur le gâteau
Pour Christophe Dovergne, « cela leur permet aussi de rencontrer des grands » mais aussi, cerise sur le gâteau, de faire un vrai entretien d'embauche avec un vrai jury. « Les personnes qui viennent faire passer ces entretiens cherchent en permanence des gens. »
Professeur de cuisine au lycée hôtelier de Strasbourg, Pierre-Paul Zeiher considère, pour sa part, que « c'est l'un des plus beaux concours ouverts à des élèves, avec un encadrement d'une très grande qualité. Pour nos élèves, c'est un parcours fabuleux et ils en reviennent grandis. »
De belles opportunités
Aux yeux de Gilles Poyac, « l'idée du concours de les faire travailler en binôme est vraiment intéressante. Le travail d'équipe, c'est essentiel. » Selon Jean Sabine, l'intérêt du trophée est d'autant plus grand que « ces jeunes, on va les retrouver. Ce lien école-entreprise est important. » Le chef cuisinier du quai d'Orsay pourrait, selon le vœu de Georges Roux, lui succéder pour donner à son tour son nom au trophée.
Toute la journée d'hier, le lycée hôtelier a donc ressemblé aux plus grandes cuisines de la capitale mais aussi à un laboratoire d'idées gourmandes, les chefs invités se glissant même temporairement dans la peau d'élèves pour écouter les recettes, non moins gourmandes, de la confiturière crouyssienne Marie Maryns.
Le proviseur, Arlette Corbin, n'en boudait en tout cas pas son plaisir : « Pour nos élèves, cela représente de belles opportunités. Il n'y a pas de chômage pour nos jeunes. »
Philippe Robin