L'interview de Stéphane Thoreton
par Perrine Raverdy, étudiante au lycée hôtelier de Soissons.
Bonjour M. THORETON,
Comment et depuis quand avez-vous débuté dans le métier ?
Jeune, je faisais la cuisine chez moi pour toutes les occasions avec mon père. En fin de 3ème, à 14 ans, je me suis dirigé vers un CAP en apprentissage avec Paul Delbord mon maître d'apprentissage au terminus Nord dans le groupe Flo. C'était en 1987.
Votre expérience professionnelle, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je voulais voir rapidement différentes choses en cuisine. La Brasserie (terminus Nord, Flo, Flo Barcelone), le gastro étoilé (Ledoyen, Drovart, Taillevent), la maison bourgeoise (consul de Bostwona), les restaurants de quartiers (Marinajoyce Marines.), le traiteur (St Clair), les ouvertures d'établissements (Concorde Lafayette, Le Roland Garros).
En parallèle, j'ai participé à différents concours comme le Trophée national de cuisine et de pâtisserie, les Toques blanches internationales et également les Meilleurs Ouvriers de France.
Il a fallu que je m'entraîne pendant mes jours de congés et mes vacances. Je remercie ma femme et mes enfants pour leur patience.
Toutes ces expériences m'ont permis d'apprendre encore et encore afin d'avoir une connaissance générale et globale sur le métier.
Votre plus beau souvenir professionnel ?
La connaissance de M. Georges Roux
Qui est Georges Roux pour vous et quelles valeurs sont importantes pour vous ?
C'est un père pour moi. Il m'a apporté tout ce qu'il faut pour avancer : son expérience, son écoute, son état d'esprit, ses conseils. Comme j'ai pu le dire plus tôt, les valeurs importantes dans le métier sont le courage, le partage, la sincérité, l'amitié et le respect.
Il ne faut jamais oublier d'où l'on vient.
Votre source d'inspiration pour votre cuisine ?
Les formes, les lieux, les odeurs, les souvenirs, les couleurs. Tout cela ajouté à ce que j'ai appris chez les différents chefs comme Messieurs Delbord, Krenzer, Legendre, Lemercier, Dorange, Maximin, Grondard, et aussi Lallement.
Votre plat et votre dessert préféré ?
Je n'ai pas de plat préféré, le plus important c'est l'endroit et la personne avec qui on le mange.
Le repas sera différent pour un dîner entre amoureux, avec des amis, avec des voisins, devant sa télé, au soleil, en terrasse ou encore en pique nique....
Votre vin préféré ?
Le vin, c'est comme le plat, les deux vont ensemble.
On a pu vous voir dans le jury du concours de trophée Georges Roux qui s'est déroulé cette année au lycée hôtelier de Soissons, cela vous flatte-t-il qu'on ait fait appel à vous ?
Le mot "flatté" serait prétentieux. En revanche, ça m'a fait plaisir. L'état d'esprit de Mr Roux est basé sur le partage, la sincérité et l'amitié profonde : c'est ce que l'on retrouve au Trophée.
Et en plus, cela permet de retrouver tous les amis comme Damien, Christophe, Pascal, Gilles et tous les autres...
Est-ce que vous êtes content des jeunes élèves et étudiants que vous avez eu de l'école hôtelière de Soissons ?
Oui vraiment. La Sogeres et L'affiche ont embauché plusieurs élèves dans des métiers différents. Depuis leur embauche, plusieurs ont progressé.
Il faut souligner que c'est grâce au travail de certains professeurs animé par une passion du métier et des jeunes. Je pense bien sûr à Damien Duquesne, Christophe Dovergne qui rendent cela possible. Chapeau bas Messieurs !
Pourquoi un livre sur les « Les petites boîtes », était-ce le premier ? Vous avez un autre projet de livre ?
C'était le premier et les boîtes étaient intéressantes. De forme et de couleurs différentes, il y a matière à jouer avec. C'est une cuisine ludique et différente.
J'aimerais bien sûr en faire un 2ème peut être sur les recettes que l'on trouve dans un hôtel avec les différentes restaurations comme le room service, les restaurants "gastro ludique", la restauration de l'extérieure comme les piques-niques ou encore les traiteurs...
Projet à réfléchir avec mon éditeur et mon futur président.
Vous allez vous occuper des cuisines d'un Palace, pouvez vous parler de ce nouveau lieu ?
C'est un "vrai faux" palace.
Vrai, par son emplacement de rêve, ses locaux et les moyens qui ont été mis en place.
Faux, car c'est un hôtel 3 étoiles. Son nom "palace" est très ancien.
L'établissement a été repris il y a environ un an par le groupe Buildinvert. Auparavant, il servait de centre de séminaire pour une société et c'était donc fermé au public.
L'ambition du groupe est de faire une restauration publique à l'année, avec en été un restaurant extérieur au bord du lac où on pourrait même arriver par bateau si on le désire grâce au mini port privé. L'hiver, ce serait plus un restaurant panoramique et un travail sur les réceptions qui serait mis en place.
Vous voyez la restauration de ce palace comment ?
Je l'imagine décontractée mais soignée, ludique mais à la fois classique. Un endroit où l'on se sent chez soi. Le mieux étant de venir voir...
Vous avez des idées de plats ou de nouvelles formules ?
J'y pense avec le chef Stéphane Castanier et le directeur de salle Jérôme Garcia. Je veux que ce soit une cuisine de partage ou chacun y apporte son savoir. Pour les idées de formules, rien n'est encore fixé, je me laisse le temps pour qu'elles soient attractives en fonction du lieu. Il faut donc que je m'imprègne des lieux.
Une nouvelle restauration pour les palaces ?
C'est un gros challenge, et j'ai la chance d'avoir un président attentif et très motivé. Nous avons des idées communes sur la restauration d'aujourd'hui et de demain. D'ailleurs la déco de tout l'intérieur va être refaite par une architecte d'intérieur et notamment pour le bar, l'accueil et le restaurant afin de donner un sens sur l'ensemble pour que la cuisine et le décor soient en harmonie ainsi avec l'art de la table. Nous sommes dans une période de réflexion et de choix donc patience....
Un petit mot pour les jeunes qui débute dans le métier ?
Rapidement, c'est le plus beau métier du monde. On rencontre des hommes et des femmes pour des vrais rapports humains. Courage, l'apprentissage est long car il ne s'arrête jamais et c'est une chance finalement !
Et enfin, je leur souhaite beaucoup de bonheur.
Il ne me reste plus qu'à vous remercier pour cette interview M. THORETON et merci également pour le temps que vous nous avez consacré. Et bon courage pour tout ce que vous faites avec tant de générosité et d'intégrité.